Destiny 2 revient avec The Edge of Fate, une extension qui sent bon le Metroidvania et les champignons fluorescents. Après avoir bouclé l’arc du Témoin avec The Final Shape, Bungie change d’ambiance et tente de reconquérir les joueurs égarés en injectant de la nouveauté, de l’exploration, et un peu de nostalgie bien placée. Spoiler alert : y’a du level design qui fait plaisir.
Un nouveau monde qui sent le moisi magique
Direction Kepler, planète perchée à la frontière du système solaire où la matière noire règne en maître. Exit Lumière et Ténèbres, ici on bricole du pouvoir façon biotech alien. Visuellement, on est sur un mix entre le mycélium de Last of Us et les cavernes psychédéliques de Metroid Prime.
Des champignons jaunes, des tunnels violets fluo, et des structures humaines abandonnées un peu flippantes, voilà le menu. C’est chelou, c’est stylé, c’est très Destiny.
Mais ce qui change la donne ici, c’est l’introduction de pouvoirs purement exploratoires. Oui, Bungie a sorti la carte Metroidvania. On donne au joueur des compétences qui ne servent pas (ou peu) au combat, mais qui débloquent des chemins planqués et des secrets bien cachés. C’est un gros “GG” aux fans de l’exploration minutieuse.
Matterspark transforme notre Gardien en boule d’énergie qui peut passer par des conduits étroits ou activer des mécanismes. Clairement un clin d’œil à Samus. Et Matterform permet de faire apparaître des échelles ou des plateformes temporaires pour accéder à des zones jusque-là inaccessibles. Résultat ? On revisite Kepler plusieurs fois, en mode “tiens et si je testais ce nouveau pouvoir dans cette crevasse chelou que j’ai vue tout à l’heure”.
Bon, tout n’est pas parfait non plus. Certains passages sont tellement bien planqués qu’on peut tourner en rond pendant de longues minutes avant de piger le gimmick. Bungie a entendu les râles sur Reddit et Discord et promet des ajustements avant le lancement officiel.
Shotgun nostalgique et Ghost reconverti en assistant tactique
Les fans de la première heure vont reconnaître une relique : le fusil de précision New Land Beyond fait son comeback, avec son viseur old-school. Parfait pour les nostalgiques du Destiny premier du nom, ou ceux qui veulent flex en Crucible avec une arme vintage.

Mais au-delà de la nostalgie, Bungie profite de cette extension pour faire un gros ménage dans Destiny 2. On dit au revoir à l’ancienne carte des destinations qui ressemblait à un panneau de métro buggué, et on accueille le Portal, un menu centralisé et enfin lisible. Toutes les activités sont classées selon quatre grosses catégories :
- Solo Ops : pour jouer en loup solitaire sans être puni
- Fireteam Ops : en mode escouade pour les adeptes du “team is life”
- Pinnacle Ops : pour les missions qui vont te faire transpirer des yeux
- Crucible Ops : le PvP dans toute sa grandeur (et parfois, son injustice)
Et là où ça devient vraiment OP, c’est avec les modificateurs de difficulté inspirés des Crânes de Halo. Allez hop, ajoute un multiplicateur de dégâts, rends les ennemis invisibles, augmente la gravité, et récolte plus de loot si tu survis. C’est du contenu à la carte, qui s’adapte à ton style de jeu (et à ton degré de masochisme).
Le champ de tir : l’aire de jeu des build addicts
Pour les petits chimistes du DPS, Bungie a inventé le playground ultime : le champ de tir. Accessible depuis la Tour, ce nouvel espace permet de tester ses armes, mods, armures et perks sur des cibles réglables comme un stream de Blitzen. Tu veux checker combien tu grattes en dégâts avec un build Solar + Warmind Cells + Surges ? Vas-y, tout est prêt.
Surtout, ce terrain d’entraînement sert autant aux vétérans qu’aux débutants. Les premiers optimisent leurs stats comme des fous furieux, les seconds pigent enfin à quoi sert telle ou telle stat bizarre sur leur stuff. En quelques essais, tu peux passer de “j’ai un build sympatoche” à “j’atomise des boss en solo Nightfall”.
À noter aussi que cette extension s’accompagne d’une simplification assez bienvenue des systèmes d’armure et de puissance, toujours aussi opaques pour les nouveaux. Rien de révolutionnaire, mais pour une fois Bungie semble se dire que “moins, c’est parfois mieux”.
Un pari risqué, mais qui a du potentiel
Avec The Edge of Fate, Bungie ne joue pas la sécurité. Un biome alien inconnu, des mécaniques d’exploration inattendues, un gros coup de polish sur les interfaces et un champ de tir sorti de nulle part : on aime quand ça tente des trucs.
Le risque ? Que les anciens joueurs restent sur leur serveur privé de WoW ou leur chrono Elden Ring, et que les nouveaux se sentent perdus face à l’univers encore bien dense de Destiny. Mais hé, la matière noire est là, le fusil rétro aussi, et on pourra lancer des mods en criant “HEADSHOT” dans un lab de tir. Et ça, franchement, ça mérite au moins un passage sur Kepler dès le 15 juillet.


